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Les Etats-Unis imposent un blocus maritime sur le Vénézuela

Ce mardi 2 décembre, le président américain, Donald Trump, a annoncé la mise en place d’un blocus maritime total contre les pétroliers du Venezuela. Cette mesure vise à empêcher la circulation des navires pétroliers sanctionnés par les États-Unis. Mais de façon plus générale, le but de cette imposition serait l'effondrement du régime vénézuélien, ce qui écarterait une intervention militaire américaine sur le territoire vénézuélien. Une intervention dont les conséquences restent imprévisibles. Caracas dénonce une décision grotesque.

Ce mardi 2 décembre, le président américain, Donald Trump, a annoncé la mise en place d’un blocus maritime total contre les pétroliers du Venezuela. Cette mesure vise à empêcher la circulation des navires pétroliers sanctionnés par les États-Unis. Mais de façon plus générale, le but de cette imposition serait l’effondrement du régime vénézuélien, ce qui écarterait une intervention militaire américaine sur le territoire vénézuélien. Une intervention dont les conséquences restent imprévisibles. Caracas dénonce une décision grotesque.

Le pétrolier « Skipper », saisi par les Etats-Unis au large des côtes vénézuéliennes, le 10 décembre, aperçu alors qu’il naviguait à environ 33 kilomètres au nord de la Guadeloupe, le 12 décembre 2025. VANTOR VIA AP
Le pétrolier « Skipper », saisi par les Etats-Unis au large des côtes vénézuéliennes, le 10 décembre, aperçu alors qu’il naviguait à environ 33 kilomètres au nord de la Guadeloupe, le 12 décembre 2025. VANTOR VIA AP

Le régime vénézuélien classé comme organisation terroriste

L’annonce a été faite par un message du président américain sur son réseau social Truth. “Aujourd’hui, j’ordonne un blocus total et complet de tous les pétroliers sous sanctions entrant et sortant du Venezuela”, a-t-il écrit. 

Selon la Maison blanche, le gouvernement vénézuélien fait usage des revenus du pétrole pour financer le narcoterrorisme, la traite d’êtres humains, les meurtres et les enlèvements. Le régime vénézuélien est désormais classé comme une organisation terroriste internationale par l’administration américaine. 

Sous sanctions américaines depuis 2019, le Vénézuela écoule son pétrole sur le marché noir, viades circuits parallèles, à un prix fortement réduit. Leur principal acheteur est la Chine. Le pétrole constitue la principale source de revenus de Caracas. 

Pour Donald Trump : “le Venezuela est entièrement encerclé par la plus grande armada jamais assemblée dans l’histoire de l’Amérique du Sud.” Il a ensuite ajouté : “ Le déploiement américain “ne fera que s’accroître, et le choc qu’ils subiront sera sans précédent jusqu’à ce qu’ils rendent aux États-Unis d’Amérique le pétrole, les terres et les autres actifs qu’ils nous ont précédemment volés.”

D’où vient cette affaire de vol de pétrole?

Ce discours de vol de pétrole n’est pas nouveau dans le milieu médiatique américain. Il puise son origine dans la nationalisation entamée par le Vénézuela dans les années 70. Une nationalisation qui se concrétise avec la révolution bolivarienne orchestrée par Hugo Chavez entre 2005 et 2012. 

Durant cette période, Hugo Chavez a nationalisé beaucoup d’entreprises étrangères, opérant dans des secteurs jugés stratégiques tels que les hydrocarbures, la télécommunication, l’électricité, et la distribution alimentaire. L’Etat a renforcé son contrôle sur ses entreprises, et repris la majorité des parts (60% au minimum) par l’intermédiaire de l’entreprise publique Petroleos de Venezuela S.A.(PDVSA).

Soumis à des périodes de négociation relativement court (4 mois), Chavez justifiait ces mesures par le non-respect du système politique vénézuélien par ces entreprises. Elles étaient sommées de prendre une direction sociale. Le gouvernement, soucieux de limiter son budget public, et de répondre aux besoins de la population en même temps, imposait une obligation sociale aux entreprises. Cette responsabilité sociale comprenait la construction de logements sociaux, la formation des cadres pour l’économie, et le transfert de technologies. 

Selon l’ONU, cette politique avait permis de diminuer de moitié dans les dernières années le taux de pauvreté au Venezuela. 

Entre 2005 et 2010, 250 entreprises ont été nationalisées. Parmi ces entreprises figurent les entreprises américaines Williams, Exxon Mobile, Chevron Texaco, le géant français de la distribution Casino, Total, la British Petroleum etc.

Que dit la loi sur ces nationalisations?

Du point de vue juridique, la nationalisation n’est pas illégale en soi. D’autant plus que le gouvernement vénézuelien y avait établi au préalable un cadre légal, et que l’ Etat reste propriétaire des ressources naturelles sur son territoire. Toutefois, le Droit International économique exige que la nationalisation ne soit pas arbitraire ou discriminatoire, et elle doit reposer sur une indemnisation jugée adéquate. 

C’est sur ce point que le Vénézuela a été mis en cause. La Banque Mondiale, via son institution, le Centre International pour le Règlement des Différends Relatifs aux Investissements, (CIRDI) a été saisie par plusieurs de ces entreprises. Selon le verdict de CIRDI, le Vénézuela n’a pas suffisamment compensé ces entreprises, et a violé les traités bilatéraux d’investissement. Le gouvernement vénézuelien a été alors sommé d’indemniser ces entreprises. 

Ces condamnations ont été rejetées par le Venezuela, qui a par la suite acté son départ du CIRDI. Ce qui, toutefois, ne l’exempt en rien des condamnations antérieures à son départ. Le mot vol ne peut pas être juridique employé. On parle de préférence d’indemnisation non suffisante, ou d’expropriation illicite.

Caracas en rage après l’annonce

Du côté de Caracas, la menace est qualifiée de grotesque. Le but de l’administration américaine serait le vol de leurs richesses par le moyen d’un blocus irrationnel, a déclaré le gouvernement dans un communiqué. 

Depuis quelques semaines, un puissant dispositif militaire américain est déployé dans les Caraïbes. La défense américaine a également procédé à plusieurs bombardements d’embarcations suspectées de narcotrafic.

L’avenir sur une intervention américaine au Vénézuela reste toujours flou. Mais selon plusieurs observateurs, les jours de Nicolas Maduro seraient comptés.

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