États-Unis, Jeudi 11 décembre 2025 – Donald Trump a annoncé mercredi que les États-Unis avaient intercepté un pétrolier de grande taille près des côtes vénézuéliennes, intensifiant encore la confrontation avec Caracas, qui dénonce un « acte de piraterie internationale ».

Depuis la Maison-Blanche, le président américain a affirmé qu’il s’agissait « du plus grand pétrolier jamais saisi », sans fournir d’informations sur le propriétaire du navire, son itinéraire ou sa cargaison. Il s’est contenté d’indiquer que l’opération avait été menée « pour de très bonnes raisons » et que les États-Unis conserveraient le pétrole à bord.
Caracas dénonce un « vol éhonté »
La réaction du Venezuela n’a pas tardé. Le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a condamné avec vigueur ce qu’il qualifie de « vol manifeste » et de « piraterie internationale ». Selon Caracas, cette action confirme la volonté des États-Unis de s’emparer des ressources pétrolières du pays, dans le cadre d’un « plan délibéré de spoliation » orchestré par Washington.
Nicolás Maduro a, de son côté, exigé « la fin de l’ingérence brutale et illégale » américaine au Venezuela et dans la région.
Un pétrolier lié au contournement des sanctions, selon Washington
La ministre américaine de la Justice, Pam Bondi, a précisé sur X que le navire transportait du pétrole soumis à sanctions, en provenance du Venezuela et de l’Iran.
Elle a rappelé que le pétrolier faisait l’objet de sanctions américaines depuis plusieurs années pour sa participation à un réseau illicite de transport de pétrole destiné à financer des organisations terroristes étrangères.
Une vidéo publiée par la ministre montre des agents armés du FBI et des soldats descendus d’un hélicoptère prenant le contrôle du navire, avec le soutien du département de la Défense.
Une pression américaine croissante sur Nicolás Maduro
Cette saisie s’inscrit dans une série de mesures économiques et militaires adoptées par Washington pour accroître la pression sur Nicolás Maduro.
Donald Trump a récemment déclaré dans un entretien au site Politico que « les jours de Maduro » étaient désormais « comptés ».
Les États-Unis accusent par ailleurs Caracas de participer activement à un trafic de drogue visant leur territoire, ce qui a entraîné de multiples opérations militaires, notamment dans la mer des Caraïbes.
Un secteur pétrolier vénézuélien fragilisé
Le pétrole constitue la principale ressource du Venezuela. Soumis à un embargo américain depuis 2019, le secteur avait bénéficié d’un léger assouplissement en 2023 grâce à des licences d’exploitation, mais Donald Trump a annulé ces autorisations depuis son retour au pouvoir.
Le pays est donc forcé de vendre son pétrole à bas prix sur le marché noir, principalement à destination de la Chine.
La saisie du pétrolier pourrait encore compliquer ces exportations, en incitant d’éventuels acheteurs à renoncer.
Chute annoncée des importations européennes
Selon Jaime Luis Socas, représentant commercial de l’Union européenne au Venezuela, les achats européens de pétrole brut vénézuélien devraient s’effondrer de 75 % en 2025, passant de 1,535 milliard d’euros en 2024 à seulement 383 millions.
Le Venezuela produit actuellement environ 1,1 million de barils par jour, essentiellement exportés vers la Chine, selon plusieurs analystes.


