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Mali : Un naufrage cause la mort de dizaines de passagers

Selon un communiqué publié le 12 janvier 2026 par le gouvernorat de Tombouctou au Mali, une pirogue a fait naufrage dans la nuit du jeudi 8 janvier. Aucune déclaration officielle n'a été faite concernant les victimes, mais pas moins de 30 personnes ont été retrouvées mortes, selon les rapports.

Selon un communiqué publié le 12 janvier 2026 par le gouvernorat de Tombouctou au Mali, une pirogue a fait naufrage dans la nuit du jeudi 8 janvier. Aucune déclaration officielle n’a été faite concernant les victimes, mais pas moins de 30 personnes ont été retrouvées mortes, selon les rapports. 

Des migrants clandestins qui traversent la mer (Photo d'illustration) © DR
Des migrants clandestins qui traversent la mer (Photo d’illustration) © DR

Les premiers éléments de l’enquête rapportent un non-respect des normes élémentaires de navigation. La pirogue a chaviré aux environs de 22h au face de la ville de Diré dans le centre du Mali, sur le fleuve Niger. 

Une pirogue trop chargée

Pas moins de 50 personnes se trouvaient à bord avec leurs bagages. Selon la presse locale, 33 cadavres ont été repêchés, et 11 personnes ont pu survivre. Plusieurs personnes ont trouvé la mort, d’autres sont portées disparues et d’importantes pertes en bien matériel (ont été) enregistrées, a déclaré le communiqué officiel. Ce mardi, les recherches continuent d’être menées pour retrouver les survivants. 

La pirogue était apparemment surchargée, non seulement par le nombre de passagers, mais aussi par le poids des bagages, marchandises et effets personnels. 

Le gouvernorat de Tombouctou a tenu à faire un rappel au respect des normes d’embarquement, et des règlements élémentaires de conduite nocturne de la navigation.

Le Mali et l’AES, un bloc géopolitique en quête de souveraineté

Depuis quelques années, le Mali fait face à une crise sécuritaire profonde. Cette crise vient notamment des violences des djihadistes du groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affiliés à l’État islamique. 

Suite à un coup d’État orchestré par le général Assimi Goita en mai 2021, les autorités maliennes putschistes ont affirmé leur volonté de suivre une voie souveraine. Le Mali a ainsi rompu avec les traditions, et quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, pour créer avec le Burkina Faso et le Niger l’alliance des États du Sahel, l’AES

Une confédération élargie au-delà du cadre sécuritaire

Ces trois régimes militaires veulent redessiner les équilibres politiques et sécuritaires de la région. En juillet 2024, ils ont officialisé la création de la Confédération, et élargi le champ d’intégration à d’autres domaines pour construire un espace politique et économique commun. 

Pour le général nigérien Abouhamman Tiani, l’AES incarne une souveraineté retrouvée. Elle se présente comme une alternative à l’impérialisme occidental. La création de l’AES répond à plusieurs années de troubles politiques, aux révoltes djihadistes et à des violences qui ont secoué la région du Sahel. 

Lors du sommet d’ouverture tenu le 6 juillet 2024, le général Tiani, dans son discours, a déclaré « Dans le contexte géopolitique actuel, l’AES constitue le seul regroupement sous-régional efficient dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. De ce fait, l’AES seule nous permet de faire face aux menaces terroristes comme aucune autre structure régionale internationale ne l’a fait auparavant. » 

La confédération de l’AES a de nombreuses ambitions et pour ce faire, elle a multiplié les instruments de souveraineté. Création d’un hymne confédéral intitulé “Sahel Benkan”, mise à disposition d’un passeport biométrique pour faciliter la mobilité de la population, création d’une chaîne de radio de télévision confédérale, et l’annonce de la création d’un parlement confédéral pour renforcer leur légitimité politique. Selon plusieurs rapports, il y a eu de nombreuses avancées sur la question sécuritaire dans la région.

Les difficultés auxquels font face l’AES

Au-delà de ces avancées, cette rupture a également un coût économique et politique. Les flux commerciaux sont perturbés, et les déplacements pour les citoyens dans l’espace CEDEAO sont entravés. N’ayant aucun accès direct à la mer, ce sont des pays dépendants de leurs voisins côtiers pour un accès aux marchés internationaux. Ce qui fait que la précarité reste encore très présente, et la situation économique progresse lentement.

Les pays de l’AES font également face à des accusations. de violations des droits humains, et d’entraves à la liberté d’expression. Dans un rapport publié conjointement par Amnesty International et Human Rights Watch, ils rapportent des atteintes systématiques à la liberté d’expression et aux droits des détenus. Depuis mai 2021, le Mali est dirigé par le général Assimi Goïta, alors que de leur côté, le Burkina Faso est sous la commande du capitaine Ibrahima Traoré depuis septembre 2022, et le Niger sous celle du général Abdourahamane Tiani.

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