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Sommet à Tianjin : Xi Jinping accueille plus d’une vingtaine de pays

Ce dimanche 31 août 2025, le sommet de l’organisation de coopération de Shanghai (OCS) a réuni une vingtaine de chefs d’Etat d’Asie, d’Afrique et d’Europe. Cette rencontre qui se tient dans un contexte de guerre commerciale lancé par Trump depuis son investiture, ajouté au conflit russo-ukrainien, fait de ce sommet le plus important depuis sa création en 2001. 

Ce dimanche 31 août 2025, le sommet de l’organisation de coopération de Shanghai (OCS) a réuni une vingtaine de chefs d’Etat d’Asie, d’Afrique et d’Europe. Cette rencontre qui se tient dans un contexte de guerre commerciale lancé par Trump depuis son investiture, ajouté au conflit russo-ukrainien, fait de ce sommet le plus important depuis sa création en 2001. 

Le président chinois Xi Jinping, lors du banquet pour accueillir les invités internationaux participant au sommet 2025 de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Xie Huanchi/Xinhua
Le président chinois Xi Jinping, lors du banquet pour accueillir les invités internationaux participant au sommet 2025 de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Xie Huanchi/Xinhua

Un sommet en faveur du multilatéralisme

La Chine a accueilli 26 pays (10 membres, 16 observateurs ou partenaires) à Tianjin, la quatrième ville la plus peuplée du pays. Durant ce sommet, le président chinois, hôte, Xi Jinping a appelé à un monde multipolaire, juste et ordonné, avec une gouvernance raisonnable. Engagé depuis quelques mois dans une guerre commerciale avec les Etats-Unis, il a plaidé pour le raisonnable avant de poursuivre une dynamique de guerre froide, et de confrontation de blocs.

Xi Jinping a également appelé ceux qui étaient présents à cultiver l’esprit de Shanghai, un esprit de coopération, tout en présentant l’OCS comme un modèle possible du multilatéralisme.

C’est quoi l’OCS ?

L’organisation de Shanghai pour la Coopération est une organisation intergouvernementale qui a été créée le 15 juin 2001 à Shanghai, par la Russie et la Chine principalement. Elle a succédé au Groupe de Shanghai. Les objectifs de l’organisation étaient au début d’ordre géopolitique, avec pour vision la stabilité de la région centrasiatique, en luttant contre  le terrorisme, le séparatisme ethnique et l’extrémisme religieux. 

L’OCS a le statut d’observateur auprès de l’ONU depuis 2005, et elle a signé des partenariats avec plusieurs institutions de l’ONU (UNESCO, OMT, ONUDC), sur des sujets tels que l’éducation, la science, la culture et la sécurité. Actuellement l’OCS compte huit Etats membres, quatre Etats observateurs et six interlocuteurs. Outre les objectifs de sécurité, elle a élargi son champ au développement économique.

Un nouveau tournant pour l’Inde et la Chine

Après des décennies de tensions sur les frontières contestées dans l’Himalaya, New Delhi et Pékin se sont rapprochés. Le premier ministre indien, Narendra Modi, qui ne s’était pas rendu en chine depuis 2018 a foulé le sol chinois, et les deux hommes se sont serré la main. On s’attend également à la reprise des vols directs entre les deux pays, qui étaient suspendus suite au drame du 15 juin 2020, qui avait causé la mort de vingt militaires indiens et cinq chinois. Le président chinois qualifie ce rapprochement politique comme étant “la danse du dragon et de l’éléphant”.

Un sommet aux enjeux multiples

Ce sommet a un symbolisme géopolitique important. L’OCS représente trois milliards et demi d’habitants sur la planète, soit 42% de la population mondiale et 22% du PIB mondial. 

D’un point de vue politique et sécuritaire :

Il a permis de multiples rencontres bilatérales entre notamment les présidents russe et turc. La question de l’Ukraine a également été abordé. Narendra Modi qui s’était entretenu samedi avec son homologue ukrainien, a appelé la Russie et l’Ukraine à mettre fin au conflit le plus vite possible, afin de parvenir à une paix stable.

Le président russe, en tribune ce lundi, pointe de son côté l’Occident, en mentionnant un coup d’État en Ukraine, et les tentatives d’intégrer l’Ukraine à l’OTAN comme les principales causes de ce conflit, et non l’attaque russe sur le territoire ukrainien.
Un autre sujet que l’on s’attend à être débattu à ce sommet est le conflit actuel sur le nucléaire iranien, avec spécialement la présence du président iranien Massoud Pezechkian.

D’un point de vue économique:

Les pays de l’OCS sont dans le viseur de Donald Trump. L’Inde, à cause de ses achats du pétrole russe, est soumise à une taxe de 50% depuis le 27 août, ce qui peut causer d’importants dégâts, malgré qu’il continue de prioriser les milliards de dollars économisés sur l’achat du brut russe à prix référentiel. La Chine est également sujette à une taxe de 30%, mais en attendant la prolongation de la trêve qui doit prendre fin vers mi-novembre, le besoin de s’allier à d’autres partenaires reste crucial. 

La Chine en démonstration de force

Cette rencontre permet à la Chine de démontrer ses capacités logistiques, et la force de sa diplomatie. Elle se présente comme un axe stable, fort et puissant dans un monde instable. Ce mercredi, pour célébrer les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, un grand défilé militaire sera organisé à Pékin. Plusieurs personnalités importantes dont Vladimir Poutine, ou encore le dirigeant nord coréen Kim Jong-un y seront présents.

Il est certain que la Chine a embelli son image au travers de ce sommet, et su démontrer sa capacité militaire et politique. Toutefois, on attend de voir dans quelle mesure ce sommet va impacter la dynamique des relations internationales.



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