Washington, lundi 18 août 2025 – Suite aux annonces faites après la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska le vendredi 15 août, tous les regards étaient tournés vers Washington ce lundi 18 août. C’est dans ce climat de fortes attentes que Volodymyr Zelensky a retrouvé le président américain à la Maison-Blanche, en présence de plusieurs dirigeants européens. Objectif affiché : transformer les ouvertures esquissées en Alaska en une dynamique capable de rapprocher Kiev et Moscou.

Le retour de Zelensky à la Maison-Blanche
Près de six mois après leur affrontement tendu du 28 février, Zelensky et Trump ont renoué le dialogue. L’accueil a été ostensiblement chaleureux : poignée de main, sourires et promesse de discussions franches. « Ce n’est jamais la fin du chemin. Des vies sont perdues, et nous voulons y mettre un terme », a déclaré Trump en ouverture, affichant sa conviction de pouvoir jouer le rôle d’arbitre.
Une réunion bilatérale stratégique
Dans un premier temps, les deux présidents se sont entretenus en compagnie du vice-président JD Vance, du secrétaire d’État Marco Rubio et de la cheffe de cabinet Susie Wiles. Selon des sources proches du dossier, une partie de la discussion a porté sur la proposition ukrainienne révélée par le Financial Times : un contrat d’armement de 100 milliards de dollars pour sécuriser l’appui américain. Zelensky, déterminé à obtenir des garanties concrètes, a martelé : « L’Ukraine veut des garanties de sécurité de ses partenaires. Nous sommes prêts à un véritable cessez-le-feu et à une nouvelle architecture de sécurité ».
L’élargissement aux Européens
Après ce tête-à-tête, la rencontre s’est transformée en un format multilatéral avec la participation d’Emmanuel Macron, du chancelier allemand Friedrich Merz, du président finlandais Alexander Stubb, ainsi que de représentants de l’Otan et de la Commission européenne. La traditionnelle « photo de famille » dans les salons de la Maison-Blanche a symbolisé l’unité affichée face à Moscou, même si des divergences persistent sur la manière d’avancer.
Un appel direct à Vladimir Poutine
En marge de cette séquence, Donald Trump a interrompu les discussions pour s’entretenir par téléphone avec Vladimir Poutine. L’appel, qui a duré quarante minutes, a permis de confirmer la disponibilité du président russe à rencontrer Volodymyr Zelensky « dans les prochains jours ». « Nous explorons toutes les pistes pour obtenir un accord de paix », a expliqué Trump, avant de souligner qu’une rencontre trilatérale pourrait se tenir « dans un lieu qui reste à déterminer ».
Les mises en garde européennes
Emmanuel Macron a confirmé que la rencontre Poutine–Zelensky était « actée », tout en restant prudent : « La Russie refuse un cessez-le-feu et intensifie la guerre. Si ce processus échouait, nous devrons augmenter les sanctions et accroître la pression sur Moscou ».
Même tonalité du côté d’Helsinki : Alexander Stubb a rappelé que « Vladimir Poutine n’est pas digne de confiance », insistant sur la nécessité de rester vigilants face aux intentions russes.
L’Ukraine demande une paix réelle
De son côté, Zelensky s’est félicité du soutien « puissant » de l’Europe et des États-Unis, mais a précisé qu’il ne s’agissait pas seulement de geler le conflit : « Nous voulons une paix réelle, et non une pause ». Interrogé sur la question territoriale, il a reconnu que le sujet pourrait « être discuté » avec Poutine, sans exclure des compromis douloureux : « C’est pour cela que nous sommes prêts à une rencontre bilatérale ».
Trump présenté comme « artisan de la paix »
Aux États-Unis, certains responsables n’hésitent pas à mettre en avant le rôle central de Donald Trump. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, l’a qualifié d’« artisan de la paix » à qui « le monde doit une dette de gratitude ». « Aucun autre dirigeant sur la planète Terre ne pourrait faire ce qu’il a fait en Alaska, aujourd’hui à Washington, et ce qu’il fera demain », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Les prochains jours, un tournant ?
Pour le chancelier allemand Friedrich Merz, « les prochains jours seront décisifs pour l’Ukraine ». La séquence ouverte par les rencontres d’Alaska et de Washington pourrait en effet déboucher sur un face-à-face inédit entre Zelensky et Poutine, sous médiation américaine. Mais une incertitude majeure demeure : Moscou est-elle réellement prête à la paix, ou cherche-t-elle seulement à gagner du temps pour poursuivre sa stratégie militaire ?


