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Brésil – Belém : Tenue de la COP 30 pour une coordination mondiale sur le climat

Du 10 au 21 novembre, la ville de Belém, au Brésil, va accueillir la 30e conférence des Parties (COP 30) sur les changements climatiques. Près de 191 pays y seront pour l’occasion afin de raviver la lutte face au réchauffement climatique. D'entrée en matière, les Nations-Unies ont admis leur échec face à la limitation du réchauffement de la planète à 1,5°C. 

Du 10 au 21 novembre, la ville de Belém, au Brésil, va accueillir la 30e conférence des Parties (COP 30) sur les changements climatiques. Près de 191 pays y seront pour l’occasion afin de raviver la lutte face au réchauffement climatique. D’entrée en matière, les Nations-Unies ont admis leur échec face à la limitation du réchauffement de la planète à 1,5°C. 

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, à la veille de la COP30, à Belem (Brésil), le 4 novembre 2025. ANDERSON COELHO/REUTERS
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, à la veille de la COP30, à Belem (Brésil), le 4 novembre 2025. ANDERSON COELHO/REUTERS

L’enjeu de ce sommet à Belém est capital. Les Etats devront prouver leur engagement sur le sujet, mais aussi leur capacité à construire une action climatique viable et pragmatique. L’absence d’une délégation américaine, au vu de la position climato-sceptique de Donald Trump a été remarquée.

Une COP à la plus grande forêt tropicale au monde

La tenue de ce sommet à la plus grande forêt tropicale au monde, qualifiée généralement comme le poumon de la Terre, porte une grande charge symbolique. Cette COP se tiendra depuis la ville de Belém, qui se situe aux portes de l’Amazonie brésilienne. Ce choix du Brésil n’est pas du tout anodin. En positionnant les négociations en plein milieu de l’écosystème amazonien, un message fort est envoyé quant à l’importance de la région et de sa biodiversité. 

La forêt est un régulateur du CO2 de la planète. Elle s’étend sur neuf pays, partant de la forêt tropicale brésilienne jusqu’aux hauteurs du Pérou et de la Bolivie, en passant par la Colombie, le Venezuela, l’Équateur, le Suriname, la Guyane française. Plus de 34 millions de personnes vivent des richesses naturelles de l’Amazonie et de son fleuve. Elle couvre près de 6,9 millions de kilomètres carrés, et abrite plus de 10% des espèces connues, soit plus de trois millions d’espèces vivantes. 

Un véritable trésor de la biodiversité, indispensable à l’équilibre et la stabilité climatiques mondiales. Ce choix de cet écosystème menacé par la déforestation, l’exploitation minière, la sécheresse, et l’exploitation humaine excessive est un appel à la responsabilité collective.

Les engagements de l’Accord de Paris tenus en échec

L’accord de Paris de 2015, adopté par 196 lors de la COP 21 le 12 décembre, avait pour principal objectif le maintien de l’augmentation de la température mondiale au-dessous de 2°C. Les Etats s’étaient également engagés à limiter le réchauffement à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels. Cet accord était porteur d’espoir tant par sa formalité (196 Etats l’avaient adopté), que par son fond. Dix ans plus tard, le constat est amer, l’objectif n’a pas été atteint, et l’année 2025 est annoncée comme étant l’une des plus chaudes de l’histoire.

Une COP en quête de regain de confiance

Cette COP, au vu de ce constat, a pour mission de démontrer que la lutte pour le changement est non seulement encore vivante, mais qu’elle s’accompagne de travaux pratiques pour son accomplissement. Concrétisation des engagements, tenu des promesses de financement, transition des énergies fossiles vers les énergies bas carbone, autant d’actions devant être à l’ordre du jour.

Climato scepticisme et réorientation des priorités, une COP entre l’enclume et le marteau

Par ailleurs, ce sommet se tient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par des tensions internationales, un climat de guerre économique, et la reconfiguration des priorités nationales. Les priorités budgétaires mondiales se réorientent vers le réarmement et la sécurité. 

La posture américaine sur le réarmement a conduit nombre de ses alliés à augmenter leur budget de défense, soit au travers des alliances (OTAN), ou des relations bilatérales (Japon). Le climato-scepticisme des Etats-Unis de Donald Trump, deuxième émetteur mondial de CO2, sujet sur lequel il s’est largement exprimé aux tribunes de l’ONU, fragilise cette cohésion internationale autour du climat.

La Chine, quant à elle, tout en étant le premier émetteur mondial de CO2, revendique toujours un statut de pays en développement. Elle ne change pas de cap, et continue son modèle de croissance sur les énergies fossiles.

Le Brésil, un acteur idéal face un vide de facto

Face à ce vide de leadership, le Brésil se positionne tout naturellement comme un acteur pivot de cette COP.  D’une part, il symbolise la biodiversité planétaire. Le pays dispose d’un capital écologique à nul pareil, et peut s’appuyer sur son expérience environnementale. D’autre part, le président Lula veut faire valoir sa diplomatie multilatérale, et se positionner en principal intermédiaire entre le Sud et le Nord. 

Cette double posture (écologique et diplomatique), confère à Belém la capacité d’un renouveau (ou d’une continuité) sur la gouvernance climatique. La COP 30 peut envoyer un signal fort. Elle peut prouver que malgré l’absence des Etats-Unis , leur potentiel retrait à venir des accords de Paris, et l’incertitude qui plane sur les relations étatiques, la communauté internationale peut s’unir et avoir des résultats tangibles sur le réchauffement climatique. 

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