Ce lundi 23 mars 2026, au 25ᵉ jour du conflit au Moyen-Orient, Donald Trump a prolongé de cinq jours la suspension des frappes visant les infrastructures énergétiques iraniennes, évoquant des « échanges positifs » et la possibilité d’un accord portant sur une cessation totale des hostilités.

Cette suspension de cinq jours intervint après un premier ultimatum de 48 heures donné par Trump à l’Iran, pour l’ouverture complète du détroit d’Ormuz. Face à cette menace, Téhéran avait averti qu’une attaque contre ses infrastructures pourrait entraîner de lourdes représailles, notamment la pose de mines navales dans le Golfe, et des frappes contre des installations stratégiques américaines et régionales.
Des négociations mystérieuse alors que l’Iran continue de se faire bombarder
L’ultimatum donné par Trump à l’Iran devait arriver à terme ce lundi soir. Contre toute attente, le président américain est revenu sur ses menaces à l’échéance. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a écrit que: “Compte tenu de la teneur et du ton de ces conversations approfondies, détaillées et constructives – qui se poursuivront tout au long de la semaine -, j’ai donné instruction au département de la Guerre de reporter toute frappe militaire contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours, sous réserve du succès des réunions et discussions en cours.
Les autorités iraniennes, par la voix de leur ministère des Affaires étrangères et relayées par plusieurs médias, ont formellement démenti ces propos, affirmant qu’aucune négociation n’était en cours entre Téhéran et Washington et accusant le président américain de chercher à influencer la situation. Selon une source anonyme citée par l’agence d’information semi-officielle Fars, Donald Trump aurait fait marche arrière à cause des menaces proférées par Téhéran de frapper les installations énergétiques de l’Asie Occidentale, et non à cause d’une quelconque communication comme il le prétend.
Frappes croisées entre Israël, les États-Unis et l’Iran
Sur le terrain, les hostilités se poursuivent. Les États-Unis et Israël ont mené le 21 mars plusieurs attaques contre des bases militaires, et le site nucléaire de Natanz en Iran. Ce site est le principal site d’enrichissement d’uranium iranien, et il se trouve à environ 220 kilomètres du sud-est de la capitale. Des images satellites ont fait état de plusieurs bâtiments endommagés. Toutefois, selon l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, aucune activité radioactive n’a été détectée des suites de ces attaques. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, appelle à la retenue afin d’éviter tout risque d’accident nucléaire.
En représailles de ces attaques, l’Iran a lancé au moins huit salves de missiles balistiques sur les villes israéliennes Dimona, connue pour abriter un centre de recherche nucléaire, et Arad.
Selon le ministère de la Santé israélien, près de 116 personnes seraient blessées à Arad, dont 7 grièvement touchées et 64 à Dimona suite aux attaques de l’Iran.
Une soirée très difficile pour Israël
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a évoqué une soirée très difficile, tout en affirmant qu’ils continueront de lutter sous tous les fronts. Cette attaque a amené les autorités israéliennes à fermer les écoles pour la journée du dimanche, considérée comme le premier jour de la semaine en Israël. Et à poursuivre l’enseignement entièrement à distance lundi.
Loin d’être l’attaque la plus meurtrière menée par l’Iran, elle reste la plus spectaculaire, non seulement en dégâts matériels, mais aussi et surtout, dans la capacité militaire iranienne. Après plus de trois semaines de bombardement intensifs de Washington et de Tel-Aviv, rien ne laissait présager que Téhéran disposait encore de missiles d’aussi longue portée.
Alerte mondiale sur une crise énergétique
Parallèlement, Fatih Birol, à la tête de l’Agence internationale de l’énergie, a mis en garde contre une crise énergétique d’ampleur historique. Selon lui, les répercussions du conflit pourraient toucher tous les pays sans exception et représenter une menace majeure pour l’économie mondiale.
Dans une guerre dit-on, la première victime, c’est la vérité. Ce conflit au Moyen-Orient illustre parfaitement cet adage. Chaque déclaration, vraie ou contestée, fait non seulement basculer l’équilibre déjà fragile de la région, mais décide du cours du marché pétrolier. Entre démentis, menaces et frappes, la méfiance ne cesse de grandir à l’égard des États-Unis, et le fossé continue de se creuser entre les deux camps. Le risque d’une escalade incontrôlable devient de plus en plus réel. Sur fond de crise énergétique mondiale imminente, c’est le Monde qui retient son souffle, en attente d’un apaisement durable.
Mewodjina Fleurial


