Selon @MiamiHerald, le procès fédéral lié à l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse est entré dans sa huitième semaine à Miami, avec des plaidoiries finales attendues dès la semaine prochaine. Les débats portent sur un complot initial de renversement du pouvoir qui a conduit à l’attaque mortelle du 7 juillet 2021 à Port-au-Prince.

Un expert-comptable du FBI, Nestor Mascarell, a expliqué devant le jury que l’opération aurait été financée à hauteur d’environ 343 000 dollars. Il affirme avoir retracé les flux financiers à travers des centaines de transactions et 28 comptes bancaires liés aux accusés et à leurs sociétés, notamment Worldwide Capital Lending, Counter Terrorist Security Unit (CTU) et sa filiale la Counter Terrorist Federal Academy.
Réseaux, sociétés et recrutement de mercenaires
L’enquête évoque l’implication de partenaires basés à Miami, accusés d’avoir contribué au recrutement d’anciens soldats colombiens chargés de l’opération en Haïti. Plusieurs structures financières et commerciales auraient servi de relais pour organiser et financer l’attaque.
Selon le témoignage, les fonds provenaient de plusieurs sources : prêts privés, cartes de crédit, virements bancaires et aides fédérales liées à la pandémie. Parmi les montants identifiés figurent environ 160 182 dollars de Worldwide Capital Lending, 11 094 dollars de la CTU, plus de 22 000 dollars de Frederick Bergmann, ainsi qu’environ 150 000 dollars attribués à un investisseur haïtien.
Logistique de l’opération
Les ressources financières ont servi à couvrir la logistique de l’opération : transport aérien des mercenaires depuis la Colombie via la République dominicaine, hébergement à Port-au-Prince, vols privés depuis la Floride, ainsi que l’achat d’équipements tactiques. Des paiements spécifiques incluent environ 26 000 dollars pour le transport des mercenaires, 20 000 dollars pour leur hébergement et plus de 15 000 dollars pour un vol affrété.
Un autre témoin, Rodolphe Jaar, a affirmé que de l’argent aurait été utilisé pour corrompre des agents de sécurité afin de faciliter l’attaque contre la résidence présidentielle. L’enquête suggère également que les accusés espéraient bénéficier de contrats de sécurité lucratifs en cas de changement de régime, avec plusieurs projets politiques évoqués pour remplacer Moïse avant son assassinat.
Accusations et organisation du réseau
Au total, onze personnes ont été inculpées dans cette affaire, dont plusieurs ont déjà plaidé coupable. Les accusés jugés incluent des membres de la CTU et un courtier financier soupçonné d’avoir facilité le financement. Les procureurs soutiennent que le réseau a fonctionné comme une structure organisée combinant financement, logistique et exécution.
Le témoignage de Nestor Mascarell, dernier témoin de l’accusation, a permis de détailler les circuits financiers et organisationnels du complot. Les procureurs affirment que ces éléments démontrent une opération structurée visant d’abord le renversement du pouvoir, puis devenue un plan d’assassinat ayant coûté la vie au président haïtien en juillet 2021.


