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TPS haïtien : un juge fédéral bloque la fin des protections, mais le statut reste temporaire

États-Unis, mardi 3 février 2026 - Une juge fédéral siégeant à Washington a décidé, lundi soir, de bloquer la mesure de l’administration Trump qui visait à mettre fin au Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens. Cette décision judiciaire empêche, pour le moment, l’expiration du programme qui protège plus de 300 000 Haïtiens vivant aux États-Unis, notamment dans le sud de la Floride. Le tribunal estime que le Département de la Sécurité intérieure (DHS), n’a pas respecté les exigences légales en voulant mettre un terme au dispositif.

États-Unis, mardi 3 février 2026 – Une juge fédéral siégeant à Washington a décidé, lundi soir, de bloquer la mesure de l’administration Trump qui visait à mettre fin au Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens. Cette décision judiciaire empêche, pour le moment, l’expiration du programme qui protège plus de 300 000 Haïtiens vivant aux États-Unis, notamment dans le sud de la Floride. Le tribunal estime que le Département de la Sécurité intérieure (DHS), n’a pas respecté les exigences légales en voulant mettre un terme au dispositif.

La fin du statut de protection temporaire accordé aux Haïtiens aux États-Unis a donné lieu à une mobilisation importante des opposants à cette décision de l'administration Trump. (Photo d'archives) Photo : AP / Lynne Sladky
La fin du statut de protection temporaire accordé aux Haïtiens aux États-Unis a donné lieu à une mobilisation importante des opposants à cette décision de l’administration Trump. (Photo d’archives); Photo : AP / Lynne Sladky

Une suspension judiciaire de dernière minute

L’arrêt de la juge intervient à quelques heures de la date prévue pour la fin du TPS. Sans cette intervention, des centaines de milliers de bénéficiaires auraient perdu leur protection contre l’expulsion, ainsi que leur droit de travailler légalement. La décision accorde donc un sursis immédiat aux ressortissants haïtiens concernés, le temps que la bataille judiciaire se poursuive.

La juge fédérale Ana C. Reyes a donné raison aux plaignants qui demandaient en urgence le maintien du programme. Elle conclut que mettre fin au TPS dans ces conditions causerait un préjudice grave, et irréparable aux bénéficiaires.

 Réaction du Département de la Sécurité intérieure

La porte-parole du DHS, Tricia McLaughlin, a vivement critiqué la décision. Selon elle, le dossier devrait maintenant être tranché par la Cour suprême. Elle qualifie le jugement de démarche militante illégale, et soutient que le gouvernement finira par obtenir gain de cause.

Elle rappelle que le TPS avait été accordé après le séisme de 2010 en Haïti, et affirme que ce mécanisme n’a jamais été conçu pour devenir une régularisation permanente. D’après elle, certaines administrations précédentes auraient détourné l’esprit du programme. Son message est clair : un statut temporaire ne doit pas devenir définitif.

La plainte a été déposée par neuf parties, dont des bénéficiaires haïtiens du TPS, une association de responsables religieux évangéliques haïtiens et le syndicat EIU-32BJ. Les plaignants estiment que la décision de mettre fin au TPS viole le droit de l’immigration, et serait influencée par des préjugés raciaux. Ils citent notamment des déclarations passées de Donald Trump à propos des Haïtiens.

Un historique de décisions contradictoires

Le dossier est déjà passé par plusieurs tribunaux. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, avait réduit à six mois une prolongation de 18 mois du TPS accordée sous l’administration Biden. Un juge fédéral de New York avait ensuite annulé cette réduction et rétabli la date de fin au 3 février 2026, estimant que ses pouvoirs avaient été dépassés.

Malgré cela, le DHS avait annoncé vouloir mettre fin au programme dès maintenant, ce qui a déclenché la nouvelle procédure en justice et la décision de blocage rendue à Washington.

Dans une décision détaillée, la juge Reyes reproche à la secrétaire Noem de ne pas avoir respecté la procédure prévue par le Congrès, notamment l’obligation de consulter les agences compétentes avant de trancher. Selon le jugement, cette consultation n’aurait pas été faite correctement.

La juge souligne aussi la situation extrêmement instable en Haïti, et rappelle que les autorités américaines elles-mêmes déconseillent aux citoyens des États-Unis de s’y rendre. Elle estime qu’un renvoi massif exposerait les bénéficiaires à des risques sérieux.

Impact économique mis en avant

La décision met également en lumière la contribution économique des bénéficiaires haïtiens du TPS. Selon les chiffres cités par la cour, ils génèrent plusieurs milliards de dollars d’impôts par an, et participent activement au marché du travail. Mettre fin brutalement à leur statut les priverait d’emploi légal et d’assurance santé, ce qui aurait aussi des effets sur l’économie locale.

Contexte de la création du TPS pour Haïti

Le TPS avait été accordé à Haïti sous la présidence de Barack Obama après le séisme dévastateur de 2010. Depuis, la situation du pays reste très fragile sur les plans politique, sécuritaire et humanitaire. C’est cet ensemble de facteurs que les plaignants ont mis en avant pour justifier le maintien des protections.

Pour l’instant, la décision de la juge Reyes maintient le TPS en vigueur. Mais le gouvernement fédéral pourrait faire appel, ce qui signifie que l’avenir du programme pourrait encore être décidé par une juridiction supérieure.

En dépit du soulagement ressenti par les Haïtiens bénéficiaires du TPS, cette décision ne signifie pas que leur statut est garanti indéfiniment : le programme reste temporaire, et son avenir dépendra des décisions à venir des tribunaux et de l’administration américaine.

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